Jennyfer Mourroux

“The country of shadows” – Boutique naturopathie Oroma

Exposition photographies nocturne

“The Country of Shadows” est une série de photographies capturées au cours des deux dernières années, principalement alimentée par des prises de vue au Canada. J’ai choisi de les réunir en fonction de leur point commun, tel un éclat de lumière transperçant l’obscurité de la nuit. Je trouve qu’elles interagissent de manière harmonieuse.

L’énergie de la nuit m’a toujours inspirée. Bien que beaucoup perçoivent dans cette série une tonalité triste ou lugubre, pour ma part, elle évoque des moments d’apaisement. Ce sont ces instants où je me retrouve confortablement installée dans ma solitude, déambulant dans la pénombre à la recherche de la pépite, de cette scène qui fera frémir mon âme.

Lorsque la nuit efface l’existence du soleil, que la pluie martèle la terre ou que la brume enlace les habitations, lorsque les gens préfèrent regagner leur cocon douillet, mon plaisir à moi réside dans ce parfait silence. J’explore les rues, loin du vacarme de la ville, savourant la quiétude qui règne lorsque le monde s’endort.

Un peu de poésie

il y a un poème de Guy de Maupassant dans son recueil “Clair de lune” qui me parle beaucoup. Je souhaite vous en faire profiter.

“J’aime la nuit avec passion. Je l’aime comme on aime son pays ou sa maîtresse, d’un amour instinctif, profond, invincible. Je l’aime avec tous mes sens, avec mes yeux qui la voient, avec mon odorat qui la respire, avec mes oreilles qui en écoutent le silence, avec toute ma chair que les ténèbres caressent. Les alouettes chantent dans le soleil, dans l’air bleu, dans l’air chaud, dans l’air léger des matinées claires. Le hibou fuit dans la nuit, tache noire qui passe à travers l’espace noir, et, réjoui, grisé par la noire immensité, il pousse son cri vibrant et sinistre.

Le jour me fatigue et m’ennuie. Il est brutal et bruyant. Je me lève avec peine, je m’habille avec lassitude, je sors avec regret, et chaque pas, chaque mouvement, chaque geste, chaque parole, chaque pensée me fatigue comme si je soulevais un écrasant fardeau.

Mais quand le soleil baisse, une joie confuse, une joie de tout mon corps m’envahit. Je m’éveille, je m’anime. À mesure que l’ombre grandit, je me sens tout autre, plus jeune, plus fort, plus alerte, plus heureux. Je la regarde s’épaissir, la grande ombre douce tombée du ciel : elle noie la ville, comme une onde insaisissable et impénétrable, elle cache, efface, détruit les couleurs, les formes, étreint les maisons, les êtres, les monuments de son imperceptible toucher.

Alors j’ai envie de crier de plaisir comme les chouettes, de courir sur les toits comme les chats ; et un impétueux, un invincible désir d’aimer s’allume dans mes veines.

Je vais, je marche, tantôt dans les faubourgs assombris, tantôt dans les bois voisins de Paris, où j’entends rôder mes sœurs les bêtes et mes frères les braconniers.

Ce qu’on aime avec violence finit toujours par vous tuer.”

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